Résumé:
Le récent discours papal sur la repentance ainsi qu'une série d'excellents travaux d'historiens (Fouilloux, Comte, Cointet) ont posé le problème de l'attitude et de l'action de l'Église aux moments tragiques de l'histoire récente. Si l'apparente neutralité de Pie XII face à Hitler et la Shoah, si le pétainisme de l'Église de France font depuis longtemps débat, l'engagement de catholiques français contre la Collaboration est un dossier moins connu. D'où l'importance de ce livre-anthologie sur Les Cahiers du témoignage chrétien, écrit par des spécialistes qui, avant d'en être les analystes, en furent des acteurs : François et Renée Bédarida. C'est en effet à la fin de 1941, à Lyon, dans le Sud-Est, le Centre et le Midi, que parurent clandestinement, dirigés par le jésuite Pierre Chaillet, ces minces cahiers qui s'élevaient avec véhémence contre l'antisémitisme d'État qui sévissait alors.
29 cahiers aux titres éloquents : "France, prends garde de perdre ton âme", "Les racistes peints par eux-mêmes", "Déportation", 29 cahiers où s'exprimèrent des historiens (Mandouze, Marrou), des philosophes (Lacroix) et des théologiens (De Lubac), 29 cahiers d'une intraitable violence contre la trahison du message chrétien alors opéré en France, 29 cahiers qui, échafaudant les éléments d'une résistance théologienne, donnent du catholicisme une image que résume bien le passage suivant :
Tout ce qui atteint l'homme, tout ce qui blesse son honneur, sa dignité, sa raison, son sentiment de justice, atteint et blesse du même coup le chrétien. On doit dire : atteint d'abord le chrétien, car le christianisme n'est pas une couche de vernis passée à la surface de l'homme ; c'est le cœur de son cœur et l'âme de son âme ; de sorte qu'il serait plus facile de renoncer à être homme que de renoncer à être chrétien.











Réagir