Quel bilan retirez-vous de l’année 2 017  ?

MARC NONNENMACHER : « L’année a été assez riche. Pour la rentrée littéraire 2017, 50 % des livres, soit 600 ouvrages, ont été adaptés au format audio numérique. C’est beaucoup, sachant que l’opération a débuté en 2013. À l’époque, il n’y avait que deux structures en France ; aujourd’hui il y en a 34. C’est une vraie progression. À Sarrebourg, notre petite structure d’une trentaine de bénévoles est très réactive. L’accessibilité à la culture pour tous sur la région, et sur toute la France d’ailleurs, est primordiale. Ici, nous comptons déjà 650 adhérents. »

Un jour, un livre : de quoi s’agit-il et comment ça marche ?

« C’est un concept qui avait déjà été arrêté l’année dernière. Ce n’est pas vraiment un buzz, mais plutôt une nouveauté dans le monde de l’adaptation. Aujourd’hui, la force de frappe c’est le numérique. Il faut travailler avec les outils qu’on possède. Le principe est simple : c’est un livre adapté par jour, principalement un best-seller ou un titre de référence dans l’actualité littéraire. Il est à la disposition de nos adhérents au format audio numérique. Ce qui nous facilite la tâche et permet de proposer tous les jours un autre ouvrage. Nous possédons déjà un petit stock, et c’est sur cette matière première que nous appuyons nos actions.

Pour passer du fichier brut à la version numérique, le fonctionnement est assez simple. On récupère les fichiers que nous envoie la BNF (Bibliothèque nationale de France), ils passent ensuite dans la moulinette informatique, c’est-à-dire nos programmes (comme LISY Converter) et sortent en format numérique MP3. En général c’est une voix de synthèse qui lit le livre. Mais certains sont récités et enregistrés avec une voix humaine. Dans ce cas-là, le traitement prend plus de temps. »

Quelles sont les perspectives pour cette année 2018 ?

« Nous souhaitons faire la promotion des outils technologiques comme le Smartvision 2. Un smartphone facile à prendre en main qui se pilote avec la voix. Le projet MyEye est aussi un challenge pour 2018. Il s’agit d’un système de caméra intelligente fixé sur les montures de lunettes. L’utilisateur pointe du doigt une plaque d’immatriculation, un nom de rue ou encore une personne. Le dispositif prend une photo et utilise une voix de synthèse pour assurer la lecture, décrire le contenu ou indiquer le nom de la personne que vous avez en face de vous. Mais on peut s’en servir également tout simplement pour lire.

Sinon, des restaurants sont intéressés par l’installation d’une carte vocale, comme celle mise à disposition il y a quelques mois par l’enseigne Frog’s Burgerà Sarrebourg. Cet outil concerne les non voyants ou les malvoyants, mais aussi les dyslexiques ou les personnes n’ayant pas la maîtrise de la lecture. Le Frog’s était le 8e restaurant sur le plan national à acquérir ce dispositif, et nous nous en félicitons. »