SR 0099. L’impératrice a des cors aux pieds. Albert FÄH.

Résumé:

 

Des camarades plus qualifiés que moi, des journalistes éminents et méritants (qu'il me soit permis de citer au passage Ch. Bernadac) des critiques, des romanciers, même des musiciens et des chanteurs (je salue ici Jean Ferrat...) ont raconté depuis bientôt 32 ans ce que fut notre calvaire dans l'univers concentrationnaire nazi.
J'ai lu les uns et les autres ; par eux j'ai revécu ces moments qui hantent encore nos sommeils, cette vision de cauchemar d'un monde digne de l'Enfer. A chaque page, à chaque paragraphe de l'un ou de l'autre, à chaque émission relatant ces pages d'histoire, à ces évocations tragiques, chaque fois j'ai tressailli au plus profond de moi-même, j'ai gémi quelquefois.
Aujourd'hui, plus de 30 ans après, cet état d'âme est toujours le même. L'amitié des survivants est toujours indéfectible et combien fraternelle, signe éloquent des profondeurs de la misère côtoyée. Le souvenir des moments tragiques reste intact, la présence des camarades tombés est toujours permanente, et je crois qu'il est temps pour moi de dire ce que je ressens encore et de raconter avant qu'il ne soit trop tard ce que fut pour nous, les anciens de Grandrupt, ce passage dans l'au delà.
A l'avance, je m'excuse si j'écorche quelques convenances, ou froisse quelques suceptibilités. On ne peut faire un bon récit sans dire tout, et en disant tout, automatiquement on ne peut faire plaisir à tout le monde. Ceci dit, personne ne me contredira quand je précise dès le départ, que les déportés français étaient assez mal considérés par les autres concentrationnaires, d'abord par ce que nous étions Français. On ne nous pardonnait pas nos défaites ni nos fanfaronnades, surtout les Polonais qui ne nous pardonnaient pas d'être restés l'arme au pied le long de la ligne Maginot, pendant qu'ils se faisaient écraser. Par ailleurs, à part les Juifs, ce n'est que sur la fin de 1944 que les convois de déportés français arrivèrent en plus grand nombre, ce qui voulait dire que la Résistance Française avait, selon les autres nationaux présents, mis un peu longtemps à démarrer.
Donc, si les Français étaient assez mal considérés, ou plutôt avec réserve de la part de tous les autres déportés d'Europe, les Vosgiens l'étaient encore davantage, parce qu'en plus, ils étaient regardés de travers par le reste des Français.

 

 

 

 

 

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